L’esprit Mingei

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   L’esprit Mingei (« artisanat populaire ») est un mouvement lancé dans les années 1920 par le philosophe Soetsu Yanagi en réaction à la modernité grandissante du pays. La vocation de ce mouvement est de redécouvrir et valoriser les fondamentaux de l’artisanat populaire asiatique. Il faut donc utiliser des matériaux naturels de qualité, être authentique, simple et sobre, tout en restant contemporain. Le tout est de s’intéresser plus à la qualité de l’objet quotidien qu’à son aspect. « Quand un objet est utilisé manuellement, il doit être fabriquer manuellement. » (Hodge Susie, Pourquoi est-ce un chef-d’œuvre?, Eyrolles, 2014)

Chaise bambou de Charlotte Perriand
Chaise bambou de Charlotte Perriand

   Charlotte Perriand, la première femme designer française a elle même influencée et été influencée par le design japonais. En 1940, elle comprend que l’utilisation du bois, du bambou, du tissage et de la laque peuvent être entremêlés pour créer un style moderne japonais mélangeant Occident et Japon.  Le résultat est dans la tradition japonaise : harmonieux, claire, pure, simple, sobre. Elle s’attèle donc à travailler le bambou en revenant de

 

Tabouret butterfly
Tabouret butterfly

voyage et essaie de nombreuses techniques pour le travailler, le tisser et le tresser. Ainsi elle réinterprète la chaise longue en acier chromé de 1929.

 

   Pour donner quelques exemples de Soetsu Yanagi, on a le tabouret Butterfly dont les lignes s’inspirent de la nature sous forme de papillon ou encore les lanternes en papier d’Isamu Noguchi qui évoquent l’art de l’origami. Aujourd’hui encore on continue à s’inspirer dans ce sens dans tous les domaines. Par exemple pour les enfants on a créé des lampes

Lampes kurage
Lampes kurage

faisant penser à des petites méduses toutes lisses et blanches et dont les tailles varient.

 

Les couleurs et les motifs sont simples, le mobilier doit être de couleur simple et neutre : blanc, noir, bois naturel ou teinté. Les textiles s’il y a, quant à eux peuvent exprimer une plus grande diversité de couleurs et de motifs, tous en relation avec la nature qui est au centre de la religion shintoïste.

   A Paris, au musée du Quai Branly en 2008, se tenait une exposition temporaire sur l’esprit Mingei au Japon. Ce dernier a reçu plusieurs pièces du musée Mingei-kan à Tokyo. Le descendant de Soetsu Ynagi, son fils Sori Yanagi a toujours cherché la modernité et l’échange avec l’occident en invitant au musée des pièces de nombreux artistes du monde entier qui ont travaillé au Japon. C’est donc un dialogue entre artisan traditionnel japonais et modernité occidentale comme avec l’exemple de la chaise longue en bambou. Le fils a d’ailleurs été un des premiers designers japonais à s’aventurer dans l’industriel. Depuis la création du tabouret Butterfly en 1953, celui ci est toujours dans le temps grâce à sa sobriété.

Céramiques dans le design mingei
Céramiques dans le design mingei

 

  • Catalogue d’exposition, Musée Quai Branly, « L’Esprit Mingei au Japon: De l’artisanat populaire au design », septembre 2008- janvier 2009
  • Fèvre Anne-Marie, Libération, « France-Japon, Relation d’harmonie », consulté le 24/04/16,  http://next.liberation.fr/culture/2008/11/04/france-japon-relations-d-harmonie_157711
  • La vie est design.com, « Le Japon comme inspiration », consulté le 24/04/16,  http://www.lavieestdesign.com/#!le-japon-comme-inspiration/c13lh
  • CG, Inspiration design, « Droles de petites bêtes… », consulté le 24/04/16, http://inspiration-design.net/enfant/droles-de-petites-betes/
  • Lingenheim Claire, L’ailleurs: questions et enjeux esthétiques, « La fascination de l’Asie », consulté le 24/04/16, https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/histoiredesarts/option/L_ailleurs/6._japonismes_et_chinoiseries.pdf

Le mouvement Gutaï: influencé ou influence?

Le mouvement Gutaï est un mouvement japonais fondé par Yoshihara, et existant entre 1954 et 1972. Les artistes de ce mouvement, tels que Tanaka Atsuko ou Shimamoto Shozo, pensent que l’art abstrait possède malgré tout quelque chose de « concret », puisqu’il est construit à partir de choses réelles, comme les corps des artistes ou des matériaux récupérés. Le mouvement Gutaï est l’un des premiers au Japon à rompre avec les traditions artistiques japonaises ; il cherche à être reconnu internationalement, et à étoffer ses pratiques avec des idées venues de l’extérieur.

Atsuko Tanaka, electric dress, 1956
Atsuko Tanaka, electric dress, 1956.

« En ce qui concerne l’art contemporain, nous respectons Pollock et Mathieu car leurs œuvres sont des cris poussés par la matière, pigments et vernis. Leur travail consiste à se confondre avec elle selon un procédé particulier qui correspond à leurs dispositions personnelles. Plus exactement, ils se mettent au service de la matière en une formidable symbiose. » nous dit Yoshihara dans son manifeste de l’art Gutaï, publié en 1956. Il est ainsi certain qu’il y a une admiration de la part des artistes du mouvement Gutaï pour certains artistes européens et américains, ayant travaillé et/ou travaillant encore la matière de la même manière qu’eux. Shiraga, dans plusieurs performances, peint avec ses pieds, suspendu à une corde ; on retrouve dans ce travail plusieurs éléments sans doute issus du travail de Pollock et Mathieu : la majorité de l’œuvre est construite aléatoirement grâce au corps, par exemple. La feuille est également posée par terre, à l’horizontale plutôt qu’à la verticale comme dans les peinture de Pollock. On trouve également des emprunts au français Georges Mathieu dans les mouvements plutôt violents et presque sans contrôle du corps.

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Pollock, number #8, 1949, peinture à l’huile, émail et aluminium sur canvas, 86.6 x 180.9 cm, Neuberger Museum of Art, Purchase College, State University of New York
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Georges Mathieu peignant, image issu du documentaire « Mathieu ou la fureur d’être » de Frédéric Rossi.

 

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Kazuo Shiraga peignant avec ses pieds
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Kazuo Shiraga, Sans titre, 1957 Huile, aquarelle, encre de Chine sur papier marouflé sur toile, 181,5 x 242,5 cm. Cette toile fut peinte avec les pieds

Mais l’admiration et l’influence ne viennent pas que du côté de Gutaï ; ainsi Michel Tapié et Georges Mathieu partent au Japon en 1957 afin de rencontrer les membres du groupe.
Les artistes Gutaï sont ceux qui ont commencé à développer les performances ou les œuvres in situ. Ainsi, Motonaga accroche aux arbres des sacs en plastique remplis d’eau colorée ; ou encore Murakami arrache du sol des lambeaux d’asphalte. Ces pratiques seront exportées par Tapié et Mathieu, et permettront la création du happening, ainsi qu’à des artistes tels que Marina Abramovic ou Daniel Buren de se les approprier et de les exploiter à leur manière.

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Image de la performance collaborative 512 Hours de Marina Abramovic, effectuée en 2014 à la Serpentine Gallery de Londres
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Daniel Buren, les 3 cabanes éclatées en une, 2000.

A la mort de Yoshihara en 1972, le mouvement Gutaï se dissout. Quelques japonais contemporains pratiquent toujours selon certains de leurs principes ; Kawamata, suite au tsunami au Japon en 2011, crée une œuvre in-situ dans la Galerie Kammel Mennour, dans le 6ème arrondissement de Paris : Under the water. Faite à partir de 3000 cagettes de bois récupérées, comme auraient pu le faire les artistes Gutaï, cette œuvre est suspendue au-dessus de nous, donnant l’impression d’être sous la mer après le passage de la vague.
Les artistes Gutaï ont influencé le monde entier à travers leurs pratiques, et, aujourd’hui encore, continuent de permettre aux artistes de créer.

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Under the water, Kawamata, 2011, galerie kammel menour, Paris, 6ème arrondissement

PdLG

Sources:
http://www.universalis.fr/encyclopedie/gutai/
http://www.cairn.info.ezproxy.univ-paris1.fr/article.php?ID_ARTICLE=RHMC_522_0192&DocId=301284&hits=1065+442
http://www.caue92.fr/IMG/pdf/fiche-artistes_a_maj.pdf
http://www.paris-art.com/exposition-art-contemporain/under-the-water/Kawamata-Tadashi/13009.html

La mode du luxe inspirée par l’Asie

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 Outre les importations des différents styles du Japon comme le kawaii, le lolita ou le Gothic lolita, on voit des inspirations plus subtiles mélangées au style vestimentaire français. On peut le voir notamment dans l’apparition de peignoirs sous forme de kimono. Dans le domaine du luxe, on peut citer la collection de Jean Paul Gaultier en 2008, Proenza Schouler en 2011 ou Van Noten en 2012. Cette passion date du 19e siècle depuis l’ouverture du pays au monde mais ce n’est que récemment que la mode du luxe s’est penchée sur ce thème qui offre de nouvelles perspectives.

Jean-Paul Gaultier 2008, Proenza Schouler 2011, Peter Pilotto, Rag and Bone et Zac Posen 2012
Jean-Paul Gaultier 2008, Proenza Schouler 2011, Peter Pilotto, Rag and Bone et Zac Posen 2012

   On mélange souvent au kimono le quipao, la célèbre robe fendue à col en soie, l’arme de séduction de la Chine. Quant au kimono il en existe de nombreux types comme le kosode qui se porte quotidiennement, le yukata exclusivement l’été, le tomesode qui est formel et le uchikake qui est réservé pour les mariages. Autre que les coupes en T, on peut ressentir l’influence japonaise à travers des motifs très caractéristiques. On a par exemple le chrysanthème, signe de la floraison, de l’épanouissement et de la beauté. La daurade représente la joie et la grue ou la tortue représentent la longévité. Dans les symboles chinois on a la pivoine qui est la fleur nationale, le lotus, très courant, le dragon symbolise le pouvoir suprême, il n’était que porté par l’empereur et l’impératrice.

La Corée est aussi mise à l’honneur à travers la collection de Chanel de mai de cette année 2016. La marque reprend la coiffure, la soie, la forme du hanbok, l’habit traditi

onnel de l’époque, la ceinture haute au niveau de la poitrine et le reste de la robe large.

   La mode du luxe ne se limite pas aux vêtements même si les influences sont plus facilement reconnaissables dans ce domaine. On l’observe aussi dans les publicités de communication de Hermès qui implique le kawaii dans

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Capture d’écran de la vidéo de Hermès

ses vidéos promotionnelles. La nouvelle collection est d’ailleurs nommée kawaii, l’inspiration non pas par les motifs est plus subtile par les couleurs pastels rappelant l’univers des dessins animés comme Hello Kitty qui est l’égérie du Japon. Le point négatif de cette vidéo interactive est que lorsque le client clique sur l’icone d’achat, les produits affichés ne sont pas les mêmes, à se demander si ces produits sont réellement à vendre. On peut découvrir la vidéo en cliquant ici.

D’autres marques comme Bottega Veneta, marque de vêtements a pris le parti de laisser le contrôle de sa campagne été 2015 au japonais Nobuyoshi Araki, photographe reconnu âgé de 75 ans. De son œil « neuf » et japonais, le directeur artistique avait vu en ses photos un

Bottega Veneta, photo de la collection printemps 2015 par Nobuyoshi ARAKI
Bottega Veneta, photo de la collection printemps 2015 par Nobuyoshi ARAKI

regard de profonde humanité et une variété de couleurs harmonisantes. En tant qu’étudiante, je n’ai pas un œil réellement professionnel sur la photographie alors je laisse libre l’opinion sur ce point.

   En conclusion, l’Asie a une influence plurielle sur la mode du luxe et je serais plutôt du même avis que l’auteur de Mademoizelle.com, PERRINEP, en disant que les motifs chinois sont encore difficiles à porter et que les mixes avec le kimono sont plus discrets et faciles à porter. On peut le voir tous les jours avec les ceintures larges qu’il faut nouer soi-même et qui sont très similaires à des obi, la ceinture traditionnelle du kimono. C’est un élément exotique mais très agréable à porter et la création du nœud nous laisse une liberté dans l’expression de soi.

  • PERRINEP, Mademoizelle.com, « L’inspiration asiatique: l’origine d’une tendance printemps-été 2013 », consulté le 24/04/16,  http://www.madmoizelle.com/linspiration-asiatique-143879
  • DOM, Beauty Decoder, « Au-delà de la beauté, l’Asie influence le luxe : Hermès, Bottega Veneta… », consulté le 24/04/16,  http://www.beautydecoder.com/asie-influence-luxe-hermes-bottega/
  • DOUNIAUX Valérie, Scribium, « L’influence de la mode japonaise en France, des kimonos aux manga », consulté le 24 avril 2016, https://scribium.com/valerie-douniaux/a/linfluence-de-la-mode-japonaise-en-france-des-kimonos-aux-manga/

Van Gogh, rêves de Japon et Hiroshige, l’art du voyage

Après avoir traité de l’origine du Japonisme à travers les œuvres de Hokusai, de l’influence japonaise à l’époque contemporaine par le biais de la mode Kawaii, intéressons-nous au XIXème avec les célèbres œuvres de Van Gogh.

Du 03 octobre 2012 au 17 mars 2013 s’est tenue une exposition à la Pinacothèque de Paris sur les liens étroits entre les œuvres de Van Gogh et celles d’Hiroshige. Étonnamment l’exposition a eu lieu dans deux salles différentes, l’une consacrée à Hiroshige (Hiroshige, l’art du voyage) et l’autre à Van Gogh plus des œuvres d’Hiroshige, servant à la comparaison (Van Gogh, rêves du Japon). Pour ma part, je trouve ce choix très audacieux :

  • Il permet de se focaliser sur les œuvres d’Hiroshige si on souhaite en savoir plus, comprendre ses méthodes de composition etc.
  • Si on veut comprendre les liens qui unies les œuvres entre elles il faut être attentif à toutes les œuvres exposées dans les deux salles. Donc le travail de compréhension n’est pas directement « prémâché » pour le spectateur, il doit réfléchir par lui-même

De plus comme le dit Marc Restellini, directeur de la pinacothèque de Paris, « souvent on considère qu’il s’agit de deux ou trois exemples isolés, des copies presque serviles d’estampes de Hiroshige. Mais cette référence va très au-delà. La découverte du Japon par Van Gogh se fait à travers les œuvres de plusieurs artistes japonais »[1]. C’est cela que nous apporte l’exposition, un air de fraîcheur, de la nouveauté. Le travail des commissaires d’exposition n’a pas été de mettre en relation quelques œuvres d’Hiroshige avec celles de Van Gogh. Mais bien de montrer comment Van Gogh s’est imprégné, a vécu le Japon à travers les compositions d’Hiroshige. Sur le site de la Pinacothèque il est dit que « presque tous ses paysages de Van Gogh sont construits autour d’un système référentiel au centre duquel se retrouve, invariablement, l’artiste Hiroshige »[2]. Précédemment lorsque l’on parlait de Japonisme dans l’art des grands maîtres européens, on cherchait à tout prix à mettre l’œuvre qui a servi de modèle. Mais le Japonisme, ce n’est pas copier ou reproduire une œuvre, c’est s’imprégner d’une culture, d’une vision du Japon. C’est pourquoi je suis très heureux qu’un tel projet fut proposé à Paris.

Continuer la lecture de Van Gogh, rêves de Japon et Hiroshige, l’art du voyage

Ruth Benedict, Le Chrysanthème et le sabre

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Couverture actuelle du livre Le Chrysthème et le sabre, de Ruth Benedict, 1ère publication en 1945.

En juin 1944, Ruth Benedict se voit confier la mission d’écrire un rapport sur les habitudes japonaises par les autorités Américaines, et ce à partir de témoignages de natifs japonais, de documentation sur le Japon rédigée par des Japonais, des coupures de presse ou encore de roman. Le tour de force de Ruth Benedict se situe dans le fait qu’elle ne soit jamais allée au Japon en personne et, pourtant, bien des japonais se reconnurent dans la description qu’elle a pu faire de leurs habitudes. C’est d’ailleurs en partie grâce à cette étude que l’Empereur du Japon ne fut pas destitué de la manière dont les Américains pensaient le faire au départ : en effet, l’auteure fit comprendre au dirigeants haut-placés des Etats-Unis l’importance capitale d’Hirohito dans les mœurs Japonaises.
De ses recherches, un livre, le Chrysanthème et le sabre, fut publié en 1946 aux Etats-Unis, puis en 1948 au Japon, et seulement 1989 en France. Celui-ci décrit avec précision les habitudes japonaises, afin d’aider les troupes américaines : « De tous ceux que les Américains combattirent jamais dans une guerre totale, les Japonais furent pour eux les plus différents. », nous dit  Ruth Benedict au début de son livre.
Loin des clichés véhiculés par Madame Chrysanthème, le Chrysanthème et le sabre nous explique, dans un premier temps, la position du Japon et la mentalité des Japonais par rapport à la guerre, avant de développer les habitudes de ceux-ci dans la vie quotidienne.
Ainsi, les natifs du Japon accordent une place importante au remboursement de toute chose, dans un échange le plus parfait possible : le nom donné à cette manière de faire est le « On « , et tout se sentira mal temps qu’il devra encore quelque chose. On note plusieurs nuances dans ces contreparties : on trouve tout d’abord le Gimu, composé du Chu (devoir envers l’empereur), le Kô (devoir envers ses parents) et le nimmu, relatif au travail. Vient ensuite le Giri, plus lié à l’honneur, qu’un Japonais doit respecter autant envers lui-même (ne pas souiller son nom, respecter les convenances…), qu’envers les gens auxquels on est liés (l’empereur ainsi que la famille proche et éloignée).
Là est le point le plus important de l’ouvrage, mais il en comporte de nombreux autres (comme les coutumes entre les hommes et les femmes, ou les notions de hiérarchies), chacun parfaitement détaillé. La culture japonaise est une « culture fondée sur la honte » nous dit Ruth Benedict, contrairement à la culture américaine ou Européenne, qui sont, quant à elles, plus fondées sur le pêché, et donc sur la culpabilité.

Ce livre a amené un contre-point de vue dans la vision du Japon que les occidentaux avaient, donnée, par exemple, par Pierre Loti dans Madame Chrysanthème qui était l’un des ouvrages de référence dans la compréhension du monde Japonais par les Européens. Le chrysanthème et le sabre possède, en revanche, comme le souligne Douglas Lummis dans son texte Ruth Benedict’s Obituary for Japanese Culture publié en 1980, un certain parti-pris : ainsi, les études menées R.Benedicte ont été quelque peu influencées par les témoignages des natifs japonais, pas nécessairement objectifs. Mais malgré tout, c’est grâce à cette étude que les Américains ont pu prendre des décisions rapides, alors qu’ils étaient dans un univers qu’ils ne connaissaient pas.

Le Chrysanthème et le sabre est un livre que je conseille, afin de mieux comprendre les habitudes japonaises -quelquefois toujours valables, ou au moins latentes- et permet de voir les productions japonaises d’hier et d’aujourd’hui d’un autre œil.

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Sources :
http://luinil.blog.lemonde.fr/2008/03/26/%E6%9C%AC-livre-le-chrysantheme-et-le-sabre-ruth-benedict/
-http://ushi.over-blog.net/article-livre-le-chrysantheme-et-le-sabre-77704086.html
-http://funtoworkwith.me/post/73844698038/le-chrysanth%C3%A8me-et-le-sabre-de-ruth-benedict-de

Le Musée de l’éventail de Paris

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Cet article sera consacré au Musée de l’éventail de Paris, je vais le présenter brièvement pour ensuite vous parler plus particulièrement des éventails japonais. Le Musée de l’éventail créé en 1993 est situé dans le 10e arrondissement de Paris. C’est le premier musée entièrement consacré à l’éventail en France1. Il comporte une collection très riche de plus de 2500 pièces qui sont datées du XVIème au Xxème siècles, et qui ont divers thèmes portant sur la mythologie, l’histoire antique et religieuse, l’orientalisme, le mariage, les arts, les sciences et les lettres, la mode et la publicité. La salle d’exposition a été instaurée en 1893 par les éventaillistes Lépault et Derberghe. Cette salle est spectaculaire,elle est de style Henry II et a été conservée dans on état d’origine, on y retrouve notamment certains éventails de la collection Hoguet. Il y également une deuxième salle consacrée à la technique de la conception d’une monture d’éventail avec l’utilisation des matériaux rare comme la nacre, l’ivoire, l’écaille. Les outils et le établis indispensable à la réalisation y sont exposés. Une dernière salle nous présente le travail de l’éventailliste, l’étape finale de la création, c’est à ce moment que l’on habille et décor la monture de l’éventail en se servant de dentelles, de soies, d’organzas, ou de plumes. On peut utiliser la peinture, la broderie ou encore la plumasserie. Nous allons nous intéressé maintenant plus particulièrement aux éventails japonais que l’on peut voir dans ce musée. L’utilisation de l’éventail se répand au Japon grâce à la Corée. Au Japon on trouve deux types d’éventails, l’éventail rond, appelé uchiwa en japonais, et l’éventail pliant connu sous le nom de ogi2. L’uchiwa se développe sous différentes catégories comme le gunpai uchiwa qui est l’éventail militaire utilisé par les daimyo en temps de guerre, le mizu uchiwa qui est légèrement laqué pour pouvoir être mis dans l’eau sans risquer de l’abîmer, le yamato uchiwa reconnaissable par sa décoration cachée, visible uniquement à contre jour, le shibu uchiwa qui est plus résistant grâce à sa feuille recouverte d’un suc extrait de la plante de kaki et le maki uchiwa qui peut être enroulé. L’origine des éventails n’est pas certaines, mais d’après l’ouvrage publié sous la direction de la commission japonaise de l’Exposition universelle de 18783, et préfacé par son président Matsugata, les récits populaires japonais racontent que vers 670, un habitant de Tanba, regardant les chauves-souris ployer et déployer leurs ailes, eut l’idée de concevoir des éventails. L’éventail se répand en Europe à partir du marché de gros de Lisbonne grâce au portugais rentrant du Japon. On retrouve une assortiment d’éventails du musée qui complètent l’accrochage d’étoffes das le showroom de la maison Prelle. Les pièces présentées sont toutes des ogi, dont certaines on été créées par les japonais pour le marché occidental, et d’autres sont des souvenirs de voyage au Japon. Le musée de l’éventail de Paris est un lieu nous offrant des pièces uniques et extraordinaires.

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Musée de l’éventail de Paris

 

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Éventail Ogi, Musée de l’éventail Paris
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Éventails Ogi, Musée de l’éventail Paris
Exemples d'éventails Uchiwa
Exemples d’éventails Uchiwa

 

Anaïs

1 http://www.annehoguet.fr/musee.htm Consulté le 21 avril 2016

3 Le Japon à l’Exposition universelle de 1878, deuxième partie, op. Cit.., p.93

L’importance de l’apport du japonisme aux arts plastiques européens.

Au XIXème siècle, les arts plastiques furent énormément influencés par les estampes, les netsuke ou les gardes de sabre venant du Japon.
Les japonaiseries différent des arts venant d’Orient ou de Chine : ces derniers ne furent presque que des rajouts à la culture européenne.
Au Japon, l’avènement de l‘ère Meiji ne privilégie ni progrès, ni identité passée : il s’agit d’un juste mélange des deux, fascinant les japonistes qui considèrent le Japon comme une alternative au capitalisme naissant. Ce pays est, déjà à cette époque, un adversaire à la juste mesure des grandes puissances, empêchant les colons de s’implanter, et d’ainsi les assimiler à leur culture, comme ils ont pu le faire avec bon nombre de pays auparavant.
Et c’est pour cela que les artistes en quête de nouveauté, tel que Degas, Monet, ou encore Braquemond, s’inspirèrent de l‘art Japonais, contrairement aux arts orientaux -plus intégrés déjà dans la culture européenne- qui servaient les artistes plus académiques.
Les impressionnistes sont confirmés dans leurs intuitions en découvrant l’art à la fois  simple et complexe à la fois d’Hiroshige ou d’Hokusai (voir l’article sur cet artiste : https://artjaponisme.wordpress.com/2016/03/11/hokusai-ou-lorigine-du-japonisme/#more-124 ). Goncourt disait de ce dernier qu’il cherchait à « faire du trait le signifiant du réel ». Ainsi, le trait n’est pas retravaillé et nuancé comme dans l’art européen (comme chez Michel-Ange par exemple) : il est brut et fin à la fois. Cet art du paysage, dépeignant le réel à partir d’un dessin rapide (presque une simple esquisse) fascina Monet, qui peignit à répétition la cathédrale de Rouen, comme Hokusai avait pu le faire avec ses Cent vues du Mont Fuji ; ils cherchaient tous deux à épuiser les formes et couleurs d’un seul instant. Le monde est un mouvement continu, et une seule peinture ne peut le représenter de manière juste : elle ne peut transcender la réalité  seulement en tentant de représenter cette impermanence, et non de la figer. Montrer plusieurs moments différents à un même endroit est une grande innovation apportée par les japonaiseries à l’art Européen.

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Hokusai, Kaijo no fuji, estampe tirée du second volume des Cent vues du mont Fuji, entre 1834 et 1840. http://www.wikipédia.org
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Claude Monet, peintures issues de la série des cathédrales de Rouen, entre 1892 et 1894, divers endroits de conservation. Image venant du site web: http://mieux-se-connaitre.com/wp-content/uploads/2011/11/cathed.jpg

« La couleur existe en elle-même, possède une beauté propre. Ce sont les crêpons japonais que nous achetions pour quelques sous rue de Seine qui nous l’ont révélée. », nous dit Matisse dans le Chemin de la couleur, paru en 1947 ; ces grands aplats de couleurs des artistes européens que l‘on retrouve par exemple chez Paul Sérusier, sont en partie issus de l’influence des japonaiseries et de leur travail de la couleur. En effet, les artistes japonais ont abandonné l‘ombre et de la lumière, bien trop mouvants, pour se concentrer sur la couleur pure des formes. Mais l’Europe, bien trop ancrée encore dans ses vieilles traditions , eut besoin du travail des impressionnistes, comme Van Gogh, pour parvenir à se séparer totalement de la lumière et amener ainsi une nouvelle dimension aux arts plastiques : celle de la ligne et de la couleur, ou de la forme et de la matière, sans mouvement.Tout cela permit à d’autres artistes plus tardifs comme Russolo ou Duchamp de comprendre l’exacte importance du mouvement en peinture et de tenter de le représenter.

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Van Gogh, la nuit étoilée sur le Rhône, 1888, huile sur toile, 72.5×92, musée d’Orsay lepapillondeslivrescerclerenevigo.wordpress.com
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Paul Sérusier, le Talisman l’Aven au bois d’amour, 1888, huile sur bois 27x21cm, musée d’Orsay. http://www.museedorsay.fr
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Duchamp, nu descendant l’escalier, huile sur toile, 1912

Les apports de l’art japonais sont donc multiples : le travail de la couleur en aplats simples, non texturés ; celui de la ligne, brute et fine à la fois, et enfin une ouverture pour les réflexions futures sur le mouvement.

Pauline de La Garanderie

Sources :
-Alric Claude, « Un aller retour pour Cipango. Essai sur les paradoxes du japonisme de Denise Brahimi. », Sociétés & Représentations 2/2008 (n° 26) , p. 247-253
URL : www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2008-2-page-247.htm.
– Article de Hugues Simard, publié le 20 mai 2011 http://journaldesgrandesecoles.com/l%E2%80%99influence-de-l%E2%80%99estampe-japonaise-sur-la-peinture-de-la-fin-du-xixe-siecle/
http://www.bnf.fr/documents/biblio_japonisme.pdf

Le style japonisant de la maison Christofle 

Portrait de Charles Christofle - Archives Christofle
Portrait de Charles Christofle – Archives Christofle

La maison Christofle a été fondée en 1830 par le bijoutier Charles Christofle. C’est une entreprise d’orfèvrerie française créée à Paris. En 1842, le fondateur achète les brevets d’argenture et de dorure électrolytiques, technique qui donnait naissance au métal argenté1. Charles Christofle devient le premier orfèvre français. C’est également pendant cette période que la maison rencontre un énorme succès. Le progrès continu grâce à la création de nouvelles techniques et par ses créations qui sont constamment renouvelées. L’art japonais qui est découvert par les européens dans la seconde moitié du XIXe siècle, influence considérablement le développement artistique occidentale. Parmi c’est nouveaux mouvement on retrouve le Japonisme, dont Charles Christofle va être l’un des pionniers. C’est sous grâce à Émile Reiber, le chef de l’atelier de dessins et de compositions de Christofle de 1865 à 1878, que l’entreprise innove en lançant la création de pièces japonisantes2. Ces créations se confirment avec la mise au point de nouvelles techniques comme les émaux cloisonnés et les patines. L’entreprise les présentent pour la première fois en France en 1867 pendant l’Exposition Universelle de Paris. Mais il faudra attendre l’exposition de Vienne de 1873 et de l’Union centrale des arts décoratifs à Paris en 1874 pour que le style japonisant se dévoile dans les créations de Christofle. Parmi elles, on retrouve le vase aux iris de 1874, les dessins de jetons de 1868 et le vase émaillé de 1874. Ces œuvres sont exceptionnelles, et sont réalisées en très peu d’exemplaires pour les expositions, elles nous montrent tout les aspects du Japonisme. Émile Reiber est fasciné par le Japon à tel point qu’il se lance dans une collection d’estampes et d’objets japonais, mais il ne s’arrête pas là, il va également visiter et dessiner les collections d’art japonais qui sont exposées en France. Cette passion, va beaucoup inspirer Christofle, car il va éditer des copies de bronzes japonais, comme avec le vase « carpes » réalisé en 1873, et le vase aux anses liées réalisé en 1876, qui sont tous les deux moulés sur des modèles originaux de la collection d’Henri Cernuschi. Ces copies sont mises en avant par la couleur qu’Émile Reiber et Charles Christofle utilisent, ces pièces sont émaillées, argentées ou dorées sur certaines parties. On retrouve notamment cette dorure sur le vase à anses liées. Les décors japonisants sont aussi utilisés dans les collections d’orfèvrerie, on peut les découvrir sur la cloche de table réalisée en 1880 et sur la boîte à biscottes réalisée en 1890, qui sont reconnaissables par les montures de bambou. Le japonisme s’adapte au goût occidental comme avec le service à thé «Glycines» réalisé en 1878. Ce service est caractéristique par sa forme et est composé d’une bouilloire à bascule, d’une théière, d’un crémier, d’un sucrier, d’un bol à thé et d’un plateau, cette composition est typique du service à thé occidental de la fin du XIXe siècle. Le décor est incisé de glycines et d’iris, qui est une inspiration d’estampes japonaises. J’ai trouvé qu’il était important de parler de la maison Christofle dans cet article, car c’est une des premières maisons à créer et intégrer des pièces du mouvement Japonisme en Europe, et à favoriser la diffusion du goût japonais. Le goût japonais à cette époque est à la mode, et il se diffuse dans la société. La découverte de l’art du Japon est une des sources majeures du renouvellement esthétique occidental aux XIXe et XXe siècles. Christofle est aujourd’hui une marque de luxe contemporaine.

Christofle, Jardinière pommes de pin, bronze patiné, 1885-1886
Christofle, Jardinière pommes de pin, bronze patiné, 1885-1886
Christofle, Vases patiné bronze, 1880
Christofle, Vases patiné bronze, 1880
Christofle, Vase carpe, 1873
Christofle, Vase carpe, 1873
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Christofle, Vase aux iris, 1874

 

Anaïs

Reportage sur la mode Kawaii en France

Avant de commencer cet article, je voulais me présenter brièvement afin de comprendre mon point de vue. J’ai 20 ans, étudiant en Histoire de l’art et Archéologie, grand passionné de la culture japonaise (antique comme moderne) mais également touché par la culture des jeux-vidéos, animés et mangas. Cela faisait quelques années désormais que je vois sur des chaines de télévision non spécialisées dans ces domaines (TF1 ou encore M6 pour n’en citer que quelques-uns), des reportages qui je trouve plutôt scandaleux. A chaque événement « jeune » qui ne correspondrait pas à nos critères de normalité, on a le droit à un reportage rabaissant ouvertement ces jeunes.

Aujourd’hui, en me documentant sur le japonisme je suis tombé sur ce reportage : « La mode Japonaise en France » réalisé par Zone Interdite sur M6 en 2006. Je savais déjà à quoi m’attendre par « mode japonaise », c’est-à-dire les extravagances que l’on retrouve que dans certains quartiers japonais comme Shinjuku ou encore Harajuku. On parle alors de Lolitas (gothiques ou non), des Harajuku’s girls, plus généralement de la mode « Kawaii » (Mignon). Si vous souhaitez approfondir votre vision du Kawaii ou plus précisément du Harajuku’ style, il existe ce documentaire en anglais qui ne s’intéresse que aux ressentis de ses adeptes.

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Harajuku’s Boys. Cette mode ne s’applique pas qu’aux femmes mais son application diffère selon le sexe.

Et ces styles que je viens de citer ne représentent qu’une faible partie de la population, c’est en quelques sortes des extrêmes. Vous pouvez avoir une petite définition plutôt correcte de chaque style sur ce blog. Il faut savoir qu’au Japon cette mode du Kawaii ne s’applique pas juste aux styles vestimentaires, on la retrouve dans le mode de pensée, la façon de s’exprimer etc. Plus récemment, le japon étant le pays organisateur des J.O de 2020 a eu peur que l’incident Fukushima fasse peur aux étrangers et compromette économiquement le projet des J.O. Pour pallier à ce problème ils ont investis près de 800 Millions d’Euros pour le Projet « Cool Japan » qui consiste à répandre l’image Kawaii dans le monde dans le but d’atténuer l’effet médiatique de Fukushima (Reportage de France 24)

Pour analyser ce documentaire je vais me montrer le plus critique possible. Et toujours dans le cadre du sujet de notre blog, le Japonisme, nous allons voir la mode issue de la culture japonaise et l’image qu’en font les médias et la société. Continuer la lecture de Reportage sur la mode Kawaii en France

Le Japonisme dans la soierie lyonnaise

Le Japonisme dans la soierie lyonnaise

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Pour cet article je me suis intéressée à l’exposition «Japonisme et exotismes dans la soierie lyonnaise 1860-1930» qui a eu lieu du 30 novembre 2012 au 29 mars 2013 dans les salons parisiens de la Manufacture Prelle au 5, Place des Victoires Paris 1er1. Cette exposition nous dévoile toutes les œuvres sorties de l’atelier Prelle entre 1860 et 1930. C’est le plan économique et culturel de l’histoire de la soierie lyonnaise qui est dévoilé2. C’est à partir des année 1860 que le commerce et la diffusion de l’art japonais commencent, c’est à ce moment que les dessinateurs de Lyon s’intéressent à ce mouvement et y cherchent de nouvelles sources d’inspiration. Un marché import export se développe entre Lyon et le Japon. Au début, leurs relations se limitent à l’exportation de cartons de graines de vers à soie. La maison de soie lyonnaise «Hecht, Lilienthan & Cie» obtient une position de quasi-monopole en 1868 début de l’ère Meiji. Les commandes de l’équipement de l’armée impériale lui sont directement envoyées, sa rémunération se fait en soies qui sont expédiées à Lyon. En 1872, le gouvernement japonais décide la construction d’une filature à l’européenne, il en confie la direction à la maison de soie lyonnaise «Hecht, Lilienthal & Cie», qui fait venir de Lyon les machines essentielles pour créer la filature ainsi que des ouvriers et ouvrières ardéchois pour former les ouvriers japonais. Elle sera dirigée pendant cinq ans par un représentant de la maison lyonnaise. Ensuite, le gouvernement japonais reprend l’usine, une grande partie de sa production continue à être commercialisée par la maison «Hecht, Lilienthal & Cie», et à alimenter la place de Lyon. Le japonisme fut une mode, un engouement même, pour tout ce qui venait du Japon, en imitait le style, la manière. Les français sont fascinés par l’esthétique japonaise. Dès la deuxième moitié du XIXème siècle, et jusqu’aux années art déco, les dessinateurs des maisons de soieries puisent leur inspiration dans le japonisme. On y retrouve les fleurs de cerisiers, des pivoines, des chrysanthèmes, des oiseaux colorés, des papillons, des bambous3. La manufacture Prelle possède aussi une importante collection de katagami, ce sont des pochoirs japonais utilisés dans la réalisation des étoffes, ainsi que la célèbre revue Le Japon artistique, de Bing qui appartenait à Aimé Prelle. Le fonds d’archive Prelle possède un grand nombre d’étoffes japonisant datant de la Belle Epoque jusqu’aux années folles. On trouve différents motifs comme des tableaux en lampas ou broché, des petits motifs inspirés par les plus simples katagami, des formes à la fois géométriques, florales, des oiseaux ou papillons, ces motifs dégagent l’ambiance orientale et permettent aux dessinateurs lyonnais de renouveler le rythme de leurs compositions. La plupart des lampas présentés dans cette exposition ont été dessiné par Eugène Prelle. L’exposition «Japonisme et exotismes dans la soierie lyonnaise 1860-1930» nous montre que les arts décoratifs eux-mêmes cherchent non seulement des motifs venant renouveler le répertoire de l’éclectisme ambiant, mais aussi des techniques et des solutions formelles inédites.

pièces tissées, archives de la Maison Prelle, et photos de l’exposition dans les salons parisiens
pièces tissées, archives de la Maison Prelle, et photos de l’exposition dans les salons parisiens
« Lampas japonais » dessiné par Eugène Prelle, 1877. Archive PRELLE
Katagami, archives de la collection Prelle
Katagami, archives de la collection Prelle

Anaïs